Visite de la plateforme logistique Système U
La Région étudie comment prévenir les TMS

Douleur, raideur, maladresse, perte de force au dos, aux épaules, aux coudes, aux poignets ou encore aux genoux... les troubles musculo-squelettiques (TMS) transforment les gestes du quotidien en véritables souffrances. Reconnues comme la première maladie professionnelle en France depuis 20 ans, leur prévention constitue un enjeu majeur de santé publique. Lors de sa session plénière de mars, le Conseil régional a souhaité approfondir ce sujet. Un groupe de travail s'est constitué et s'est engagé dans une série d'entretiens et de visites sur le terrain en vue de faire des propositions. Après une première audition de la CARSAT Bretagne, la délégation régionale s'est rendue ce mardi après-midi à Ploufragan pour aller à la rencontre des salariés de la plateforme logistique Système U dans laquelle des mesures de prévention ont été instaurées pour éviter les TMS.

Conviés par Rémy Langlois, référent U dans l'Ouest de la France, Jean-Luc Rolland, responsable logistique Système U France et Philippe Le Gall, en charge des sites de Ploufragan et Plaintel, les élus régionaux y ont été sensibilisés à l'expérimentation qui y est menée en vue d'alléger la pénibilité au travail.

Une installation mécanisée en renfort

Dans le cadre de la démarche de responsabilite sociétale de Système U, diverses actions ont d'ores et déjà été mises en place par l'enseigne en vue d'améliorer les conditions de travail de ses collaborateurs : utilisation de filmeuses automatiques de palettes permettant de diminuer les postures pénibles et recours à des distributeurs de palettes abaissant le poids des charges à porter.

Mais depuis avril 2015, le site de Ploufragan s'est doté d'une installation mécanisée dans la manipulation et la confection de colis/palettes de marchandises lourdes.L'implantation de cet automate, mis au point avec l'entreprise lorientaise Syleps, s'est opérée en pleine concertation et collaboration avec les représentants du personnel. Ses fonctions ont évolué et évoluent au gré des remarques des employés. Commandée par des salariés qui ont vu, de ce fait, leur emploi évoluer, la machine a été expérimentée dans le secteur des liquides, l'un des postes où les charges sont les plus importantes. Et elle le sera prochainement sur les préparations de colis des produits d'entretien.

Auditions et visites de terrain en septembre et octobre

Au cours des deux prochains mois, le groupe d'élus régionaux continuera de recueillir des informations et des témoignages afin de soumettre prochainement des propositions au Conseil régional. Il rencontrera le 14 septembre la directrice de l'ARACT (Association Régionale pour l'Amélioration des Conditions de Travail) Bretagne et des représentants de l'Observatoire régional de santé.

Les 10 membres du groupe travail sur les TMS

Anne TROALENConseillère régionale déléguée à la santé et Présidente du groupe de travail

Mona BRAS en alternance avec Paul MOLAC

Alain LE QUELLEC

Eric BERROCHE

Olivier LE BRAS

Nicole LE PEIH

Delphine DAVID

Marc LE FUR

Catherine BLEIN

Christian LECHEVALIER

Les TMS, enjeu de santé publique majeur en Bretagne

La fréquence des TMS est importante (34 % des travailleurs déclarent souffrir de problèmes de dos) et en forte augmentation dans la population active depuis deux décennies en France. En 2009, pour le régime général de l'Assurance Maladie, les TMS représentent plus de 80 % de l'ensemble des maladies professionnelles ayant entraîné un arrêt de travail ou une réparation financière en raison de séquelles. Un tiers des TMS se développent dans le secteur agroalimentaire.
Avec 57 000 salariés travaillant dans l'industrie agroalimentaire, la Bretagne est une région particulièrement exposée à ces pathologies. On recense d'ailleurs deux fois plus de TMS en Bretagne que dans les autres régions de France. En 2013, la CARSAT Bretagne a enregistré 3 975 dossiers de maladie professionnelle, dont 86% relevaient des TMS. Si de nombreuses entreprises ont procédé à des investissements pour améliorer les conditions de travail de leurs salariés, il reste encore beaucoup à réaliser.

 

 

Tags : Santé Économie

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