Urbanisme durable : résultats de l’appel à projets Eco-FAUR
33 communes lauréates dont Andouillé-Neuville

Comme chaque année, le Conseil régional a lancé au printemps dernier son appel à projets Eco-FAUR auprès des collectivités bretonnes développant des projets d’urbanisme durable. Les 33 communes retenues en décembre viennent de se voir attribuer des subventions d’un montant global de 3 M€ (88 780 € en moyenne par lauréat) pour des projets innovants d’espaces publics, d’équipements, de renouvellement urbain ou création d’éco-quartiers.

Daniel Cueff, conseiller régional délégué à l’écologie urbaine, a présenté ce jour les résultats de l’appel à projets au côté de Emmanuel Eloré, maire d’Andouillé-Neuville, commune lauréate pour une opération qui prévoit de transformer un carrefour routier en un véritable espace public donnant la priorité aux piétons et comprenant un espace vert avec tables, chaises et abris à vélos en bois.

L’exemple d’Andouillé-Neuville, aidée à hauteur de 100 000 €
Andouillé-Neuville (800 habitants) souhaite réaménager le croisement le plus important de la commune afin de le sécuriser, de gérer au mieux les flux de circulation et d’y réintroduire du végétal. Il s’agit en effet aussi d’aménager un parvis devant la mairie et de privilégier les piétons à travers un réseau de chemins doux. Un effort a été fait dans le choix des matériaux (granit local) et la conduite de ce chantier « vert » (réduction des nuisances sonores et visuelles, tri des déchets) qui sera conduit entre mars et mai 2014. La commune s’efforce également de limiter le recours aux produits phytosanitaires dans tous les espaces publics qu’elle aménage.

 

Eco-FAUR mode d’emploi 

L’Eco-FAUR, c’est à la fois un soutien technique et financier apporté aux collectivités de moins de 25 000 habitants : le taux unique d’intervention, fixé à 25% du coût global des opérations, est plafonné à 100 000 € pour 3 ans. Dans le cas de ce dernier appel à projets, 58 % des lauréats sont des communes rurales dynamiques de moins de 2 000 habitants.  
En 2011, la Région a fait évoluer le dispositif Eco-FAUR, mis en place en 2005, pour y intégrer, de manière encore plus volontariste, les approches d’urbanisme durable en croisant différents critères (foncier, maîtrise de l'énergie, lien avec les PLU et SCOT…) à travers 13 cibles : mixité sociale et des usages, densité, énergie, santé, biodiversité, déplacements doux, éco-matériaux, gestion de l'eau et des déchets, réduction des produits phytosanitaires, savoir-faire locaux… 
Les 3 catégories de projets -équipements publics (62 %), espaces publics, renouvellement urbain et éco-quartiers- n’ont pas changé mais priorité est donnée désormais au renouvellement, à la réhabilitation et à la requalification d’espaces existants (aide complémentaire à l’acquisition, démolition et dépollution) plutôt qu’aux constructions ex-nihilo, et ce dans un souci d’économie d’espaces.  
L’idée est aussi d’accompagner davantage les collectivités en amont (études préalables), puis dans la conception et la réalisation de travaux dans les trois ans. Le concours apporté à l’ingénierie des projets a été en particulier renforcé (aide de 50% plafonnée à 30 000 €). Par la suite, la Région rencontre et échange avec les communes lors de l’instruction de leurs dossiers. 

Les tendances 2013 : qualité énergétique et sanitaire des équipements

Le passage à la RT 2012 (réglementation thermique du Grenelle de l’envirronnement applicable aux bâtiments neufs) aboutit, dans les équipements publics, à des projets plus qualitatifs sur le plan énergétique : isolation, bio-climatisme, consommations énergétiques (formation personnels et usagers), recours aux énergies renouvelables… Cet aspect étant de plus en plus intégré dans les opérations, les rencontres avec les porteurs de projets sont désormais davantage l’occasion de les informer sur la notion de qualité sanitaire des bâtiments, en les encourageant à anticiper la future réglementation sur la qualité de l’air intérieur qui s’appliquera à compter de 2015 pour les écoles maternelles et lieux d’accueil d’enfants de moins de 6 ans.
De par son antériorité, le dispositif Eco- FAUR a vocation à s’articuler, dans les années à venir, avec le Plan Bâtiment durable breton, en cours d’élaboration.

D’autres projets qualitatifs  :

  • Catégorie équipement public : à Muël (35), un établissement d'accueil de jeunes enfants

La commune s’appuie sur une commande publique exigeante, avec recours à des matériaux écologiques et locaux : ossature bois, isolation paille et ouate de cellulose, enduit terre/chaux, menuiseries intérieures hêtre… Sont également privilégiés, pour la qualité de l’air intérieur, l’utilisation de peintures, mastic, joints, silicone et colle sans COV. Muël a parallèlement mis en œuvre un chantier d'insertion pour la réalisation d’un muret et un autre chantier participatif pour la pose de paille. A noter que cet équipement public isolé en paille sera le premier du genre en Bretagne.   

  • Catégorie espace public : à Coësmes (35), l’aménagement du centre bourg

Forte d’un contrat d'objectif sur l’ensemble du bourg, la commune a construit son projet avec un groupe d’habitants et usagers : le plan de circulation a été modifié et la continuité de cheminements doux programmée. L'impact carbone des matériaux utilisés a été pris en compte (gravier issu d'une carrière distante de 150 km maximum) de même que la provenance locale du granite, graves et remblais, ferronnerie, maçonnerie à la chaux…  

  • Catégorie renouvellement urbain : à Collinée (22), un nouvel îlot urbain en centre bourg

 Ce projet, mixte, combine la création de logements et d'une médiathèque, avec l’ouverture au public d'un nouvel espace urbain : jardin et chemin piéton traversant. Il permet aussi de revaloriser un bâti du XVIIème (reprise de maçonneries de pierre avec enduit à la chaux et chaux/chanvre). Quant aux nouveaux bâtiments, ils sont raccordés à un réseau de chaleur bois tout juste inauguré, couplé à un chauffage solaire thermique. La commune a réalisé préalablement, avec l’établissement public Foncier de Bretagne, un référentiel foncier recensant tout le bâti inoccupé en centre bourg, afin de pouvoir envisager le renouvellement urbain dans sa globalité.